jueves, 28 de mayo de 2020

MONACO, UN DÉCOR RÊVÉ DU 7E ART


 Son casino, ses sublimes vues surplombant la Méditerranée… La Principauté charme depuis des décennies les réalisateurs. À l’image de Claude Lelouch qui y a tourné il y a quelques jours Le Grand rendez-vous, un court-métrage avec le prince Albert II en invité d’honneur. De La Main au collet en 1955 à L'Arnacœur en 2010 en passant par GoldenEye en 1995, retour sur ces films qui ont fait du Rocher le décor de leur intrigue.

Ça tourne à Monaco! On compte plus de 300 films tournés en Principauté. Gage de la fascination qu’exerce ce joyau de la Riviera dans l’imaginaire des cinéastes et des spectateurs. Une filmographie dans laquelle deux thèmes récurrents se distinguent: les jeux au casino et la course automobile.


Cette semaine encore, Claude Lelouch y a mis en boîte Le Grand rendez-vous, inspiré de son court métrage C’était un rendez-vous, réalisé en 1975, dans lequel il pilotait une Mercedes rugissante dans les rues de Paris. Cette fois, c’est le jeune prodige Charles Leclerc qui est au volant d’une spectaculaire Ferrari SF 90 Stradale dans les rues de la Principauté. Le prince Albert assistait de très près à l’événement et devrait même apparaître dans le film. Le souverain a pris place à bord du bolide auprès du jeune pilote…


Les Chaussons rouges (Michael Powell et Emeric Pressburger, 1949)
Tourné en partie à Monaco, ce mélo inoubliable nous conte les destins croisés d’un jeune compositeur et d’une ballerine aux prises avec un impresario impitoyable. Moira Shearer, qui débuta d’ailleurs sa carrière aux ballets de Monte-Carlo, y incarne cette danseuse rêvant d’intégrer une troupe prestigieuse. Si la très longue scène de danse supposée se dérouler dans la salle Garnier a été reconstituée en studio, le film offre aussi de splendides vues extérieures de la Principauté et ces années d’après-guerre.


La main au collet (Alfred Hitchcock, 1955)
Aux origines du mythe. Lorsque Grace Kelly, pas encore princesse, contemple de la corniche la Principauté dont elle sera un jour la souveraine, le film de suspense de sir Alfred Hitchcock prend des allures prémonitoires. Un sommet du glamour hollywoodien en terre européenne, porté par une actrice au charme et à l’élégance suprême et par Cary Grant, idéal dans ce rôle de gentleman cambrioleur à la retraite, découvrant qu’un monte-en-l’air imite ses méthodes pour détrousser de riches vacanciers de la Côte d’Azur. A voir et à revoir.


Amicalement vôtre… (série, 1971-1972)
Intitulée The Persuarders! en version originale, cette série met en scène deux hommes que tout oppose: Dany Wilde (Tony Curtis), l’ex-petit voyou de Brooklyn ayant fait fortune dans le pétrole, et lord Bret Sinclair (Roger Moore), flegmatique héritier britannique pilote de courses. Dès le premier épisode, les deux hommes se font la course sur les hauteurs de la Principauté au volant de leur Dino 246 GT et leur Aston Martin DBS. L’humour chic et voyou des deux protagonistes fait tout le charme de ce programme culte. Et si Roger Moore allait endosser quelques années plus tard le smoking de James Bond, le compositeur du thème de la série n’était autre que John Barry, à qui l’on doit également celui du célèbre agent secret.


Weekend of a Champion (Frank Simon et Roman Polanski, 1972 et 2013)
Revoir ces images du Grand-Prix de Monaco aujourd’hui fait frémir: alors que les bolides frôlent les 300km/h, on y traverse tranquillement la piste, ou l’on se gare sur le bord du circuit (les stands n’existaient pas encore) pour bricoler ces engins au mépris de toute règle de sécurité. Ce stupéfiant documentaire revient sur la carrière du pilote Jackie Stewart à l’occasion d’un week-end de course sur le Rocher. L’homme confie être dyslexique et avoir gagné ses galons de légende de la piste au prix d’efforts surhumains. Une trajectoire d’autant plus émouvante qu’elle se déroule à une époque où à chaque course, ces pilotes défiaient la mort. Les images du Monaco d’alors y sont époustouflantes.


La Coccinelle à Monte-Carlo (Vincent McEveety, 1977)
Un petit bonbon acidulé qui fit le bonheur des enfants dans les années 1970. Depuis 1968, Herbie en vo, ou Choupette en vf, promène sa silhouette ronde aux quatre coins du monde pour des aventures rocambolesques. Un détail qui a son importance: cette Coccinelle semble dotée d’une volonté propre et aide son pilote Jim Douglas à remporter tous les défis. Dans ce troisième épisode de la saga, Choupette –rebaptisée Romeo pour l’occasion– participe à la course Paris-Monte-Carlo alors que le plus gros diamant du monde vient d’être dérobé. Toute ressemblance avec le Corniaud…


Jamais plus jamais (Irvin Kershner, 1983)
Irvin Kershner est devenu célèbre en réalisant L’Empire contre-attaque, le second volet dans l’ordre chronologique de tournage –considéré comme le meilleur– de la saga Star Wars. Il a aussi signé cet épisode "non-officiel" des aventures de James Bond, s’inspirant du roman Opération Tonnerre (qui fit déjà l’objet d’un film en 1965). Si un chapitre entier du film se déroule bien sur la Riviera, son passage à Monaco est aussi bref que savoureux. En effet, le casino où se rend Sean Connery y est rebaptisé "Casino Royale"… D’autres scènes ont été mises en boîte à l’intérieur du casino et à l’Hôtel de Paris.


GoldenEye (Martin Campbell, 1995)
"Bonsoir Pierre, ça va bien?" Douze ans plus tard, James Bond gare à nouveau son Aston Martin DB5 devant le casino de Monte-Carlo. Il a pris cette fois les traits de Pierce Brosnan, lequel prononce cette inoubliable phrase en français à Pierre, le voiturier. Peu avant cette douce soirée, il a été pourchassé sur la corniche par la redoutable Xenia Onatopp au volant de sa Ferrari 355, une agent russe incarnée par Famke Janssen. Un tournage remuant, qui donna des sueurs froides aux autorités monégasques…


Hors de prix (Pierre Salvadori, 2006)
Monaco, ses palaces, son casino, son cadre de rêve… et toutes les lucioles se heurtant à ce mirage inaccessible. Pierre Salvadori tourne en Principauté cette comédie douce-amère, dans laquelle Audrey Tautou, alia Irène, "dame de compagnie" qui charme les milliardaires, apprend tous ses tours de séduction à Jean (Gad Elmaleh), serveur aussi timide qu’ambitieux qu’elle a pris pour un homme fortuné. Il y a du Lubitsch dans cette chronique désenchantée, où il suffit au personnage de Gad Elmaleh d’enfiler un costume griffé Hedi Slimane pour changer de vie. Au crépuscule, Irène se retrouve abandonnée au bord de la piscine de l’établissement de luxe, pressée par des garçons lui présentant une note qu’elle ne peut honorer. Son millionnaire du jour s’est enfui, il ne lui reste que sa serviette, son maillot de bain et une robe trop légère pour affronter le monde. Un film splendide.


L’arnacœur (Pascal Chaumeil, 2010)
Opération séduction! Au Monte-Carlo Bay, Alex (Romain Duris) et son équipe montent un plan pour empêcher Juliette, une belle héritière incarnée par Vanessa Paradis, d’épouser son fiancé anglais à la perfection lassante. Tel est le métier d’Alex: briseur de couples aux règles morales pourtant bien établies. Mais tout s’emballe lorsqu’Alex s’éprend de Juliette. Le regretté Pascal Chaumeil filme amoureusement cette Principauté, écrin de rêve de cette formidable et hilarante comédie romantique aux accents anglo-saxons. Suite au succès du film, la SBM, propriétaire du Monte-Carlo Bay, a d’ailleurs proposé un forfait "L’arnacœur" à ses clients, leur permettant de retracer le parcours d’Alex et Juliette!



Iron Man 2 (Jon Favreau, 2010)
Un Monaco de science-fiction ! Tony Stark, notre héros milliardaire auquel Robert Downey, Jr. prête sa verve gouailleuse, entend prendre part au Grand-Prix de Monaco. C’était sans compter sur l’épouvantable Vanko, incarné par Mickey Rourke, qui taille en pièce les bolides de l’écurie Stark grâce à ses superpouvoirs. A noter également la présence de Scarlett Johansson dans le double rôle de Natasha Romanoff et de la redoutable Veuve noire… Pour les amateurs du genre!



Cloclo (Florent-Emilio Siri, 2012)
Grand styliste, Florent-Emilio Siri a tourné l’une des plus belles scènes de son biopic sur Claude François dans la Salle des Etoile du Sporting Monte-Carlo. Le cinéaste a fait transformer ce lieu mythique le temps d’un concert donné par le chanteur auquel Jérémie Renier prête son étonnante ressemblance. C’est dans cette même salle qu’a lieu chaque année le prestigieux Bal de la Rose. Quant à Claude François, ses liens avec la Principauté sont nombreux: après y avoir séjourné un temps avec sa famille qui avait été expulsée d’Egypte, l’artiste avait fait ses débuts comme percussionniste dans l’orchestre du Sporting Club de Monte-Carlo.


Albert de Monaco  Albert II de Monaco  Cinéma  Grace Kelly

Par Emmanuel Cirodde
Monaco, décor rêvé du 7e artLa princesse Grace de Monaco héroïne du film "La Main au collet" d'Alfred Hitchcock et son partenaire à l'écran l'acteur Cary Grant.
DPA/ABACA

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