lunes, 29 de junio de 2026

STÉPHANE BERN ÉLU À L’ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS

Journaliste, fondateur de la Mission Patrimoine, comédien et désormais membre de l’Académie des Beaux-arts. Stéphane Bern vient d'y être élu, ce 24 juin 2026, dans la section des membres libres. Il rejoint notamment l’historien de l’art et romancier Adrien Goetz et le directeur du Louvre Christophe Leribault.

Par Marion Prudhomme

Stéphane Bern lors de la Journée du livre politique organisée à l'Assemblée nationale, le 11 avril 2026. © DOMINIQUE JACOVIDES / BESTIMAGE

’heureuse nouvelle est tombée en plein cœur de l’après-midi. "Au cours de sa séance plénière de ce mercredi 24 juin 2026, l’Académie des beaux-arts a élu Stéphane Bern au fauteuil III de la section des membres libres", révèle ainsi l’institution artistique dans un communiqué. Le journaliste et animateur succède au directeur d’opéra Hugues R. Gall, disparu en mai 2024. Élu au premier tour, Stéphane Bern rejoint à présent les huit autres personnalités que compte cette section. "Je mesure l'honneur qui m'est fait de rejoindre une telle illustre compagnie qui rassemble nombre de gens que j'admire.

Qu'il s'agisse d'architectes, de peintres ou encore de compositeurs de musique. Certains sont déjà des amis, d'autres vont le devenir", confie-t-il à Point de Vue. "J'aimais beaucoup Hugues R. Gall que j'ai connu grâce à Antoinette Seillière. Je lui rendais souvent visite à Giverny.

Cela me touche donc", ajoute-t-il au sujet de son prédécesseur. "De plus, c'est le même fauteuil du duc d'Aumale, le château de Chantilly étant le monument préféré des Français. D'une certaine manière, la boucle est bouclée." ....

https://www.pointdevue.fr/culture/arts/stephane-bern-elu-a-lacademie-des-beaux-arts

DÉCOUVERTE D’UN MANUSCRIT AUTOGRAPHE INÉDIT DE MOZART AU DÉPARTEMENT DE LA MUSIQUE DE LA BNF

Diffusion le 22 juin sur France Musique

Andante de Mozart (1er violon et basse) et Mlle de Guînes (2e violon) p. 10 du manuscrit - © Élie Ludwig / BnF

La BnF a découvert et identifié un manuscrit inédit de Wolfgang Amadeus Mozart rédigé lors de son séjour parisien de 1778. Ce document se présente sous la forme d’un cahier de 44 pages réunissant les leçons de composition dispensées à Marie-Louise-Philippine de Bonnières de Guînes (1759-1795), harpiste accomplie et fille du duc de Guînes. Localisé en février 2026 au département de la Musique de la BnF, cet ensemble constitue une source précieuse pour éclairer la manière dont Mozart concevait et transmettait l’enseignement de la composition.

Gilles Pécout, président de la BnF : « Cette découverte est bien, d’après les spécialistes, l’une des plus importantes de ces dernières décennies. 

À un double titre : parce qu’elle permet de documenter le dernier séjour de Mozart à Paris et parce qu’elle nous révèle dans son quotidien ce qu’est l’activité du jeune professeur Mozart, en dialogue avec son élève. 

Je suis heureux de redire que Mozart est aussi chez lui à la Bibliothèque nationale de France, grâce à des dons et à des acquisitions qui ont fait de notre département de la Musique le second gisement mozartien après celui de Salzbourg. L’identification de cet autographe confirme l’universalité de nos collections et laisse augurer de nouvelles et fructueuses coopérations scientifiques et artistiques internationales, notamment avec l’Autriche. »

Une découverte majeure

Le 2 février 2026, François-Pierre Goy, conservateur chargé des collections antérieures à 1800 au département de la Musique de la BnF, examine un cahier de musique anonyme et sans titre de la fin du XVIIIe siècle. Il a la surprise d’identifier une des écritures comme celle de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). 

Il sollicite alors l’avis de sa collègue Laurence Decobert, cheffe du service Iconographie et documentation au département des Arts du spectacle de la BnF, après avoir dirigé celui des Collections patrimoniales du département de la Musique. Commissaire de l’exposition Mozart, une passion française présentée à la Bibliothèque en 2017 et également musicologue, Laurence Decobert connaît bien les manuscrits et l’écriture du compositeur et confirme cette hypothèse. Le manuscrit est ensuite expertisé en avril 2026 par Armin Brinzing, directeur de la Bibliotheca Mozartiana du Mozarteum de Salzbourg, qui valide à son tour l’attribution et souligne l’importance du document.

Les leçons de composition données à la duchesse de Guînes

L’utilisation pour ce manuscrit d’un papier français et le contenu − des exercices de composition et sept pièces pour flûte et harpe − permettent d’y voir un témoin des leçons que Mozart donna quotidiennement de mai à juillet 1778, durant son dernier séjour à Paris, à Marie-Louise-Philippine de Bonnières de Guînes fille d’Adrien-Louis de Bonnières de Souastre, duc de Guînes (1735-1806), flûtiste renommé et commanditaire du concerto pour flûte et harpe KV 299. 

Le duc, persuadé du génie de sa fille, souhaitait qu’elle pût composer de «grandes sonates» pour leurs deux instruments. Ambassadeur à Londres de 1770 à 1776, il y avait acquis une flûte permettant de jouer le do grave. 

Cet instrument, auquel sont destinés aussi bien le concerto KV 299 que les pièces du présent manuscrit, était alors rare voire unique à Paris, où les flûtes ne descendaient qu’au ré, comme dans les autres oeuvres pour flûte de Mozart. Les leçons s’interrompirent avec le mariage de Mademoiselle de Guînes le 26 juillet.

 Ce cahier d’apparence modeste comporte 44 pages. Il constitue un précieux document pour l’étude de l’enseignement de la composition par Mozart, dont il est le plus ancien témoin. On y retrouve les types d’exercices que Mozart décrit minutieusement dans une lettre à son père du 14 mai 1778, où il déplore aussi le manque d’idées musicales de son élève − qu’elle était semble-t-il la première à reconnaître. Cependant, ce cahier, dont le dernier exercice est resté inachevé et dont les six dernières pages sont vierges, correspond probablement aux dernières leçons de Mozart.

 Le manuscrit porte les mêmes estampilles qu’une copie française du concerto pour flûte et harpe, contemporaine de la composition de l’œuvre, longtemps passée inaperçue et révélée aux spécialistes en 2020. Ils font à l’évidence partie des «deux paquets de musique» confisqués au domicile du duc de Guînes rue de Varenne le 4 mai 1794 et entrés dans les années suivantes à la Bibliothèque. 

En dehors de quelques exercices entièrement notés par Mademoiselle de Guînes, les mains du maître et de l’élève se mêlent dans des proportions variables partout ailleurs. Six des pièces pour flûte et harpe sont complètes et pourront enrichir le répertoire pour cette formation. Ces pièces qui partent certes toujours d’une idée proposée par Mozart − pourraient nuancer le jugement sans appel qu’il émettait dans une lettre du 9 juillet quant à l’inaptitude de son élève à composer.

Radio France donne vie à cette partition

Cet inédit, enregistré cette semaine à la Maison de la Radio et de la Musique, sera interprété pour la toute première fois en public le 21 juin dans la salle Ovale de la BnF Richelieu, par deux musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Radio France : Mathilde Calderini, première flûte solo, et Nicolas Tulliez, harpiste. Cette représentation marquera également le dévoilement en avant-première du manuscrit.

Des extraits de cette interprétation, enregistrée à cette occasion, seront diffusés en avant-première mondiale dans la matinale de France Musique lundi 22 juin à partir de 8h. Au micro de Jean-Baptiste Urbain : Gilles Pécout, président de la BnF, Sibyle Veil, présidente- directrice générale de Radio France et Michel Orier, directeur de la musique et de la création de Radio France.

Écouter l’émission du 22 juin

La pièce sera diffusée en exclusivité et dans son intégralité le 22 juin à 15h dans l’émission de Lionel Esparza : Relax!, à loccasion dune édition spéciale «Mozart à Paris».

Sibyle Veil, présidente-directrice générale de Radio France : « Redonner vie à une oeuvre oubliée de Mozart est un honneur exceptionnel pour une formation musicale.

Que cette création soit portée par l’Orchestre Philharmonique de Radio France témoigne de l’excellence de ses musiciens et de leur engagement au service de la transmission du patrimoine. À travers cette première mondiale, Radio France réaffirme pleinement sa mission de service public : faire vivre les grandes oeuvres, accompagner la création et partager avec le plus grand nombre les moments qui marquent l’histoire de la musique. »

Les manuscrits autographes de Mozart à la BnF

Le département de la Musique de la BnF conserve la plus importante collection de manuscrits musicaux autographes de Mozart après celles détenues à Salzbourg, ville de naissance du compositeur, par l’Internationale Stiftung Mozarteum, et à Berlin par la Staatsbibliothek. 

La plus grande partie de ces 45 manuscrits, parmi lesquels ceux de Don Giovanni ou du Concerto pour piano et orchestre no 23, ont été donnés ou légués à la bibliothèque du Conservatoire de Paris, dont les collections font aujourd’hui partie intégrante de celles du département de la Musique. Néanmoins, deux de ces manuscrits font dès l’origine partie des collections de la Bibliothèque nationale : celui de l’air de concert Conservati fedele KV 23 et celui qui vient d’être découvert.

“MY NAME IS ORSON WELLES.” MUSEO CINEMA. TORINO. LIVRE: DIEU ET SA MÉNAGERIE (CHALLENGES, LE PLEIN D´IDÉES)

 From April 1st to October 5th, 2026, the Museo Nazionale del Cinema presents the prestigious exhibition “My Name Is Orson Welles.” Conceived by the Cinémathèque française and curated by its director Frédéric Bonnaud, the exhibition features more than 400 works—some never shown before—drawn from a wide range of public and private collections.

 Installed along the spectacular helical ramp of the Aula del Tempio inside the Mole Antonelliana, the exhibition retraces the life and career of the great filmmaker through photographs, archival documents, drawings, posters, audiovisual materials, and installations.

With Citizen Kane, he revolutionized the language of cinema; in The Lady from Shanghai, he created one of the most hypnotic sequences in film history; with F for Fake, he anticipated the mockumentary; and his Falstaff remains one of the finest adaptations of Shakespeare ever made.

Director, actor, writer, illusionist, radio storyteller, and experimenter with visual and sound language, Welles made transformation a defining element of his poetics. Masks, disguises, and multiple identities run throughout his work: his own face becomes a space for continuous invention. 

The exhibition extends the creative drive of the American genius into an immersive and narrative journey, where cinema reveals itself as the art of illusion—not mere “fiction,” but a means of questioning the truth of images.

https://www.museocinema.it/en/exhibitions/my-name-orson-welles


LE LIVRE
DE LA SEMAINE

[aut ]Dieu et sa ménagerie

Dieu et sa ménagerie 

Pas facile de choisir un livre la semaine et de l’été dédié aux chaises longues. La  mort dans l'âme, j’écarte mais recommande le brûlant « Germaine de Staël : le prix de la liberté » par Stéphanie Genand aux Editions Perrin. Et le cauchemardesque « Vivre avec la surveillance numérique en Chine » d'Ariane Ollier-Malaterre chez CNRS Editions. Je m’en tiens donc à un essai singulier: « La Bible, les animaux et les hommes ».

A la question les animaux ont-ils une âme ?, Gilbert Werndorfer se tord les méninges à la lecture du Coran, du Pentateuque et des évangiles. Ainsi, le « néfech » hébraïque qui désigne l’âme est-il utilisé à la fois pour l’homme et les plantes, les minéraux et nos amis les bêtes ! Après tout, le synthétique Spinoza n’hésitait-il pas devant cette formule attrape-tout trés radical-socialiste : « Dieu, c’est-à-dire la nature ».

Sauf que c'est nettement plus complexe. L’homme serait une sorte de primus inter pares des créatures divines. Un animal distingué par Dieu. Et  ce "primus" propose sous sa gouvernance  un bestiaire  hiérarchisé  : ainsi, on apprend que le chat est le grand absent de la Bible et a tout juste juste bonne réputation propreté - dans l’islam. Contrairement au chien qui est suspect et tricard dans toutes les confessions. Et au porc frappé d’interdit alimentaire mais aussi de fréquentation. Qui a donc vraiment grâce aux yeux de Dieu et de ses exégètes ? La Colombe de la paix et l’agneau si pur et si doux qu'on lui... tranche la gorge pour l’offrande. Bref, si vous voulez être en osmose avec votre foi : achetez un aquarium et pas une canne à pêche. Le poisson fait l’unanimité !

« La Bible, les animaux et les hommes ». 179 p. Éditions du Cerf. 20 euros.

EL ARTISTA EN ITALIA. FEDERICO DE MADRAZO. MUSEO NACIONAL DEL ROMANTICISMO

A través de los dibujos de Federico de Madrazo (1815-1894), Luis de Madrazo (1825-1897) y Vicente Palmaroli (1834-1896) en las colecciones del Museo Nacional del Romanticismo descubre cómo eran los viajes de aprendizaje artístico a Italia a mediados del siglo XIX, antes de que se estableciera la Academia de España en Roma.

Estos dibujos reflejaban cómo era esta etapa de formación de quienes buscaron estudiar el arte tanto de la Antigüedad romana como de la Edad Media y el Renacimiento italianos y emular a grandes maestros como Miguel Ángel, Rafael o Giotto.

Estos artistas coincidieron en Italia con los tipos populares locales que, por su pintoresquismo y su costumbrismo, tan del gusto de la época, fueron objeto de dibujos que se difundieron rápidamente gracias a colecciones de estampas. Los estudiantes encontraban modelos ataviados con indumentaria tradicional en las distintas academias de dibujo que comenzaban a poblar la ciudad, y también podían dibujar a las campesinas que iban a Roma a vender sus productos y posaban, fundamentalmente en el entorno de la Piazza de Spagna.

Comisaria Mónica Rodríguez Subirana, conservadora Museo Nacional del Romanticismo.

Del 24 de junio al 20 de septiembre de 2026.

Sala del Encuentro.

Acceso gratuito con la entrada al museo.

Lunes cerrado. De martes a sábado de 9:30 a 20:30 h. Domingos y festivos de 10:00 a 15:00 h.

BORGES, CITOYEN DE GENÈVE. HOMMAGE À L’UN DE SES CITOYENS D’ADOPTION, MUSEO LÁZARO GALDIANO, LA ERA O EL VERANO, DE GOYA

 


Parution

Juin 2026

Le 14 juin 1986, Jorge Luis Borges s’éteignait Grand-Rue, dans la Vieille-Ville de Genève, à l’âge de 86 ans. L’écrivain argentin, qui avait passé son adolescence en Suisse pendant la Première Guerre mondiale, y découvrant «le français, lallemand, Schopenhauer et l’amour», avait décidé de revenir finir ses jours dans cette ville, quil considérait comme lune de ses «patries intimes».

 Ses cendres reposent dailleurs au cimetière des Rois, tombe n° 735, sous un if, à deux pas de Calvin. Le 40e anniversaire de son décès verra tout un programme de conférences, lectures et rencontres sur les deux rives de lAtlantique, notamment à Genève, à linitiative de lassociation Los Conjurados.

https://helvet.swiss/fr/news/borges-citoyen-de-geneve



MUSEO LÁZARO GALDIANO, MADRID

LA ERA O EL VERANO, DE GOYA

En 1786, coincidiendo con su nombramiento de pintor del Rey, Goya presentó al rey Carlos III los borrones para los tapices del Comedor de los Príncipes del Palacio de El Pardo. 

El pintor conservó para sí los bocetos de estos cartones y el 26 de abril de 1799 se los vendió al duque de Osuna para decorar el Gabinete de la duquesa en la Quinta de la Alameda, donde permanecieron hasta la venta en la gran almoneda de 1896. 

Siguiendo las órdenes del mismo rey, las obras tenían que ser «pinturas de asuntos jocosos y agradables», por lo que escogió las escenas alegóricas de las cuatro estaciones del año –Las Floreras, La Era, La Vendimia y La Nevada– más El albañil herido y Mujeres con dos niños junto a una fuente. Este de La Era, boceto de óleo sobre lienzo para el cartón del Museo del Prado que posteriormente se plasmaría en un tapiz, fue comprado por Ricardo Traumann por 3.000 pesetas y entre 1925 y 1927 fue adquirido por José Lázaro. En él, Goya recoge la felicidad del descanso en el regazo de las cosechas representado en un grupo de segadores durmiendo la siesta. 

En esta obra los grupos de personajes están vinculados y establecen comunicación visual entre ellos. 

Se ha destacado la "prodigiosa modernidad de este boceto", en el que los ojos de Goya traducen la naturaleza como una cámara cinematográfica, captando a la décima de segundo la nube de polvo dorado producida al remover la paja, así como los ademanes de cada uno de los segadores. 

EXPOSITION GÉNÉRALE QUARANTE ANS D'ART CONTEMPORAIN À LA FONDATION CARTIER

 Exposition, Paris

Sam 25 oct. 2025 → Dim 23 août 2026

Exposition Générale retrace quarante ans d'art contemporain à la Fondation Cartier à partir d’une collection façonnée au fil de sa programmation. 

En réactivant l’héritage social, culturel et architectural de son édifice et son ouverture sur la ville, elle esquisse une cartographie alternative de l’art contemporain et inaugure, à travers son nouveau dispositif architectural conçu par Jean Nouvel, une approche renouvelée de l'exposition.

Une nouvelle cartographie de la création contemporaine

Reflet de l’histoire de l’institution, de sa programmation et de son ouverture au monde dans toute sa diversité, la Collection de la Fondation Cartier retrace quarante ans de création contemporaine internationale. 

L’Exposition Générale présente les axes fondateurs de ce patrimoine unique à travers des œuvres emblématiques et des fragments choisis d’expositions qui ont ponctué sa programmation depuis sa création en 1984. Elle déploie le caractère vivant d’une collection qui, tout au long de son histoire, s’est construite à travers l’exposition.

Articulée autour de quatre grandes lignes de force qui traversent la Collection, l’Exposition Générale présente la diversité des engagements artistiques portés par l’institution. Elle s’ouvre sur un laboratoire architectural (Machines d’Architecture) où maquettes, dessins, fragments et installations donnent à voir, en dialogue avec l’environnement urbain, une pluralité d’approches et d’appropriations critiques de l’architecture. 

Composant une ville réinventée, ces formes côtoient les mondes vivants qui invitent à interroger le rôle de l’institution dans la conservation des écosystèmes menacés et les limites de l’anthropocentrisme (Être Nature).


L'exposition explore également la création comme espace d’expérimentation et de décloisonnement, démontrant comment de nouvelles porosités entre art, artisanat et design renouvellent les langages plastiques (Making Things). 

Enfin, elle convoque des pratiques artistiques mêlant technologie, fiction et savoirs scientifiques qui esquissent d’autres manières de lire et d’habiter le monde (Un Monde Réel). 
En périphérie de ces expositions thématiques, des présentations adjacentes révèlent les trajectoires et démarches individuelles ou collaboratives de certains artistes phares de la collection.

Tissant formes et cultures humaines et non-humaines, techniques et pratiques émancipées de la hiérarchie traditionnelle des beaux-arts, l’Exposition Générale esquisse une nouvelle cartographie de la création contemporaine : une alternative à l’encyclopédie muséale qui renouvelle la fonction de l’institution comme espace public d’expérimentation et de fabrication de nouveaux savoirs. 

RENOUER AVEC LA MODERNITÉ DU BÂTIMENT

Exposition Générale emprunte son titre aux expositions organisées par les Grands Magasins du Louvre dès la fin du XIXe siècle dans le bâtiment haussmannien qu’occupe aujourd’hui la Fondation Cartier, édifiée pour la première Exposition Universelle parisienne de 1855. 

À travers toute son histoire, ce dernier n’a cessé de se réinventer comme lieu d’exposition, révélant une continuité profonde entre ses métamorphoses successives et les dispositifs de mise en espace qui les ont accompagnées. 

Son évolution démontre une véritable histoire scénographique qui restitue l’évolution des mœurs et des usages modernes de l’architecture: conçu dabord comme Grand Hôtel (c. 1855-1880) pour accueillir les visiteurs de lExposition universelle, il se transforme progressivement en Grands Magasins (1880-1977), faisant de ses salons des halls d’exposition commerciale, véritables « palais marchands » que l’on visite « comme on va au musée ». 

Cette vocation se prolonge avec le Louvre des Antiquaires (1977-2018), dont l’organisation spatiale, faite de boutiques en enfilades reliées par de longs couloirs, instaure une continuité de vitrines où des expositions d’objets et d’art décoratifs sont régulièrement organisées. Rassemblant objets et marchandises de tous horizons, ces événements ont participé à l’élargissement du champ culturel, à la circulation de nouveaux savoirs, à la démocratisation de la culture matérielle et des artefacts au XIXe siècle – une histoire qui dialogue aujourd’hui avec la philosophie de la collection. 

La mise en espace d’Exposition Générale conçue par le studio Formafantasma rend apparent le dispositif d’exposition et réactualise la dimension sociale et expérimentale des « Expositions Générales » et autres manifestations commerciales qui ont accompagné l’évolution des pratiques muséales. 

Formafantasma conçoit un dispositif tridimensionnel, en interaction avec l’architecture dynamique du bâtiment, dont il exploite les différents points de vue et hauteurs. Les supports en textile – structures modulables en tissu montés sur des profilés aluminium et contenant leur propre système d’éclairage – orientent le visiteur parmi les oeuvres et la signalétique de l’exposition.

En se prolongeant dans la ville, l'Exposition Générale embrasse au-delà de son bâtiment le patrimoine architectural de son nouvel environnement urbain : la place du Palais-Royal ainsi que la galerie Valois, passage souterrain reliant anciennement le métro et les grands magasins, accueillent des interventions artistiques qui inscrivent à l’échelle urbaine les lignes de force de l’exposition. 

D’octobre 2025 à février 2026, une série de dessins d’Andrea Branzi illustrant son projet de 2008 pour le Grand Paris et développé en collaboration avec l’architecte italien Stefano Boeri est présenté dans la Galerie de Valois. En valorisant sa porosité avec la ville et l’espace public, la Fondation Cartier réaffirme son ancrage parisien et fait de l’exposition un lieu de fabrique collective de récits, connaissances et formes, en prise directe avec son époque.

Vue Exposition Générale, Fondation Cartier pour l'art contemporain, 2025

© Andrei Ujică, Unknown Quantity, 2003-2005. Photo © Marc Domage

VERSO LA MOSTRA "METAMORFOSI. OVIDIO E LE ARTI" - PARTE 1 e PARTE 2

 

🇮🇹 Mentre al Rijksmuseum di Amsterdam è in corso la mostra “Metamorphoses”, il dialogo con Ovidio prosegue e si prepara a raggiungere Roma.

Da giugno 2026, la Galleria Borghese ospiterà “Metamorfosi. Ovidio e le arti”, con oltre 80 incredibili capolavori provenienti da istituzioni internazionali che metteranno in scena la potenza immaginativa del poema ovidiano.

Francesca Cappelletti, Direttrice della Galleria Borghese e curatrice della mostra insieme a Frits Scholten, riflette in questo video con lo studioso Claudio Sagliocco sulla persistenza delle “Metamorfosi” nelle opere del museo.

Nella Sala XIX è conservato il dipinto di Domenichino, noto come “La caccia di Diana”.

Un titolo che racconta solo una parte della storia.

Il quadro si rivela una vera celebrazione dell’agonismo: ninfe che si affrontano nella lotta, altre impegnate nella corsa, alcune sostengono una preda.

Non soltanto una scena di caccia, ma una costruzione narrativa complessa.

Il vero incanto dell'opera risiede però nel suo protendersi verso chi guarda. Domenichino rompe il confine tra tela e realtà: in primo piano, una ninfa fissa intensamente lo spettatore, ignorando i richiami delle compagne. Contemporaneamente, sulla destra, due giovani fanciulli spiano la scena nascosti tra gli arbusti. Sono i ninfoleptoi, i "rapiti dalle ninfe", prigionieri di una visione divina che non dovrebbero abitare.

Uno di loro ci rivolge un gesto inequivocabile: un invito al silenzio. Siamo stati trascinati dentro lo spazio sacro del quadro, diventando complici di uno sguardo proibito. Ma attenzione: come insegna il tragico destino di Atteone, raccontato da Ovidio, scontrarsi inavvertitamente con il divino può essere fatale. Il dipinto ci invita a osservare,  ma con la consapevolezza di chi calpesta un terreno tanto affascinante quanto pericoloso.

VERSO LA MOSTRA "METAMORFOSI. OVIDIO E LE ARTI" - PARTE 2

🇮🇹 Francesca Cappelletti, direttrice della Galleria Borghese, e Claudio Sagliocco, giovane studioso, proseguono il dialogo con Ovidio in preparazione della mostra  “Metamorfosi. Ovidio e le arti” che dal 23 giugno al 20 settembre 2026 sarà alla Galleria Borghese.

All’origine della storia di Apollo e Dafne, narrata da Ovidio nelle Metamorfosi, non c’è il caso, ma un conflitto: quello tra il dio del sole e Cupido. Apollo, orgoglioso per aver sconfitto il mostruoso Pitone, incarnazione di un caos primordiale che minaccia l’ordine del mondo, deride il giovane dio dell’amore, ignorando la forza destabilizzante che questi rappresenta. È un errore fatale: l’amore, in Ovidio, è una potenza capace di sovvertire gerarchie, certezze e identità.

Per vendicarsi, Cupido scaglia due frecce opposte: quella d’oro, che accende un desiderio irresistibile, colpisce Apollo; quella di piombo, che genera rifiuto e repulsione, trafigge Dafne. Da questo squilibrio nasce una delle dinamiche più drammatiche della mitologia: un amore non corrisposto che si trasforma in inseguimento.

Dafne è una figura radicale: libera, ostile al matrimonio, devota a una vita selvatica e autonoma, simile a quella di Diana.

Apollo, invece, è travolto da una passione crescente. Non si innamora soltanto della bellezza di Dafne, ma del suo movimento: della corsa, del vento che le scompiglia i capelli, dell’inaccessibilità che alimenta il desiderio. In Ovidio, la bellezza non è statica: nasce e si intensifica nel dinamismo, nella distanza, nell’atto stesso del fuggire. È proprio questo principio che troverà una straordinaria traduzione visiva nella scultura barocca di Gian Lorenzo Bernini, capace di trasformare il marmo in gesto, tensione e metamorfosi.

L’inseguimento, però, cambia tono: da corteggiamento si fa caccia. Apollo insiste, parla, cerca di rassicurare, ma Dafne percepisce la minaccia. Come una preda, fugge finché comprende che l’unica via di salvezza è rinunciare a sé stessa. Chiede allora di essere trasformata: il suo corpo si irrigidisce, la pelle diventa corteccia, i piedi si radicano nella terra. Si tramuta in alloro.

La metamorfosi è salvezza e perdita insieme. Dafne conserva la propria integrità solo abbandonando la forma umana e la propria bellezza, origine del desiderio che la inseguiva. Apollo, giunto troppo tardi, può solo abbracciare il tronco e sentire, sotto la corteccia, un’eco di vita.