¿Cómo
hemos representado el mundo, desde los grabados ilustrados del siglo XVIII
hasta las imágenes que hoy genera una IA?
La
exposición recorre tres siglos de cultura visual, con cerca de 300 obras que
van desde los grabados científicos de la Ilustración y los pioneros de la
fotografía hasta instalaciones contemporáneas de arte generativo.
Un diálogo
entre pasado y presente que nos invita a reflexionar sobre qué significa ver y
creer en lo que vemos. Todavía puedes visitarla hasta el 5 de abril.
COURTOISIE LA RÉDACTION DE CHALLENGES[||] La dissolution du monde |
|
En ces temps d’hypertension géopolitique, le pire envahit parfois l'horizon mental. Et en matière de pire, Sénèque, le philosophe romain, précepteur de Néron, fut l'incontestable pionnier. Dans ce texte, il ne se contente pas de décrire la submersion biblique du monde sous les déluges et les mers enragées. Il va bien au-delà. De la civilisation humaine, il ne reste plus rien, pas même des souvenirs ou une trace. Écoutez : « La nouvelle mer engloutira ces lieux et leurs légendes avec eux (...). En un jour, le genre humain disparaîtra du centre de la terre. Tout ce qu’une longue mansuétude de la fortune avait cultivé (...), tout ce qu’il y avait de noble et de beau, et pareillement les grandes nations, leurs royaumes et leurs fastes, tout sera englouti ».
Jean Louis Poirier, dans son introduction savante, donne la mesure métaphysique de l’insondable anxiété générée par ce texte : cette fin du monde, dit-il, est bien « pire que la mort ». Elle nous abolit. Elle nous dissout. Nous voilà non plus mutilés, blessés, rétrogradés, réparables, mais atomisés. Sans testament, sans arche de Noé ou manuscrit des mers mortes derrière nous. Une page blanche où la nature reprend cependant ses droits : « La terre abordera les eaux une nouvelle fois, elle forcera la mer à exercer ses fureurs à l’intérieur de ses limites. » Une sorte de réinitialisation qui supprime toute archive de nous-mêmes : « Chaque vivant, dit Sénèque, sera de nouveau engendré à partir de son commencement ». La planète ne meurt jamais, elle se refonde. Déjà cinq fois de suite après les grandes extinctions ! Mais notre humanité, elle, est dispersée dans les nutriments pour poissons. Aux nouveaux humains tout neufs, nus comme des vers qui surgissent du néant le soin de tout refaire. Reste à trouver un Luchini, un Dussolier ou un Podalydès pour dire ce texte majeur sur scène.
Guillaume Malaurie
« Les derniers jours de l'Humanité », traduit et présenté par Jean-Louis Poirier. Ed. Les Belles Lettres. 165 p. 17 €. |
|
|
|
|
|
|
No hay comentarios:
Publicar un comentario