16 septembre 2026 – 4 janvier 2027
Une plongée
fascinante à la découverte d'un art du trompe-l'oeil en Corée, entre
bibliothèques savantes et mondes oniriques !
À quoi peut
servir une bibliothèque lorsque le temps manque pour lire ? À l’heure où le
savoir circule sur les écrans, s’évader par la lecture devient parfois un luxe
et la bibliothèque est alors souvent plus regardée que pratiquée.
Ce dilemme n’est
pas nouveau. Dans la Corée de la fin du 18e siècle, le roi Jeongjo (r.
1776-1800) y est déjà confronté. Pris par les affaires de l’État, n’ayant que
peu le temps de lire, il passe commande aux artistes officiels de l’Académie
royale de peinture de réaliser un paravent reprenant sa bibliothèque en
trompe-l’œil, pour rester proche de ses livres. Il trouve ainsi dans la
contemplation de cette peinture un moyen de demeurer symboliquement entouré de
ses précieux ouvrages : un trompe-l’œil prolongeant l’esprit du cabinet
d’étude, stimulant la vertu, la curiosité et la conversation savante.
Les ambassades coréennes à Pékin jouent alors un rôle déterminant. Les envoyés de Joseon y découvrent les cabinets de trésors chinois, ainsi que l’art jésuite de la perspective, diffusé à la cour des Qing et dans les églises de la capitale impériale par les artistes européens. L’alliance entre l’accumulation érudite chinoise et le savoir-faire européen en matière de trompe-l’œil nourrit l’inventivité des peintres coréens, qui développent un usage singulier de la perspective, le chaekgeori.
Pour la première
fois au musée Guimet, une exposition redonne à ce mouvement pictural sa place
centrale, loin de l’image folklorique ou purement décorative qui lui est trop
souvent associée.
Elle tisse des liens entre l’art jésuite et
l’art coréen, montre l’impact des ambassades coréennes à la cour de Chine,
notamment à travers un exceptionnel rouleau peint de plus de cinq mètres du 18e
siècle présenté pour la première fois, et révèle la diffusion des codes de la
perspective grâce à des œuvres provenant du Louvre et du Asian Civilisation
Museum de Singapour. Elle démontre également que la Corée du Joseon était tout
l’inverse d’un « royaume ermite » mais un pays ouvert, curieux, en dialogue constant
avec le monde.
Chez les lettrés
de Corée, livres, porcelaines ou objets précieux peuplent d'étonnants
trompe-l'œil, où le savoir devient art.
Au-delà du folklore et de l'ornement, entrez dans un univers prestigieux, entre bibliothèques savantes et mondes oniriques.
Une exposition qui fait se rencontrer et dialoguer d'exceptionnels paravents coréens et les objets, bien réels, qui les composent.
Bien avant
Instagram ou Pinterest, ils dévoilent ce que l'on rêve de posséder.
Une exposition
organisée avec le soutien de Korean Air
Dans le cadre de
l'année Corée au musée Guimet


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